Mon histoire : évoluer et oser devenir soi

Il arrive que mes patients se sentent gênés de partager un passé dont ils ont honte.
Ils se jugent sévèrement et ont peur que je fasse de même.
Une des raisons qui les fait craindre ça c’est qu’ils sont nombreux à imaginer que de mon côté tout a toujours été lisse et limpide. Que je ne pourrais peut être pas comprendre, car je suis « au dessus de tout ça ».
En y repensant, je me suis dit qu’il était peut être temps de partager un peu de mon histoire…

Je n’ai pas été élevée par des nantis mais à Roubaix, connue principalement pour son taux de délinquance.
Mes parents ne sont ni médecins ni psychologues, ils ont eux mêmes vécu des enfances très difficiles.
Comme tout le monde, j’ai eu des périodes sombres, douloureuses.

Aujourd’hui je vis une relation de couple « consciente » où nos schémas sont mis à jour, où chacun soutient l’autre.
Pourtant y a 14 ans à notre rencontre, nous vivions en permanence en « pilote automatique », incapables de recul sur nos réactions émotionnelles.

Aujourd’hui je suis spécialisée en psychologie et formée en CNV.
Pourtant pendant mes 20 premières années, je projetais mes traumatismes dans pratiquement toutes mes interactions et j’étais souvent en conflit.

Aujourd’hui je suis la maman de deux enfants épanouis et heureux, instruits en famille.
Pourtant il y a 2 ans mon fils est né avec une malformation qui l’a fait énormément souffrir pendant plus d’un an. J’ai vécu un niveau d’épuisement extrême, un désespoir intolérable de ne pas pouvoir le soulager, une terreur de le perdre aux moments les plus critiques.

Aujourd’hui je suis une professionnelle reconnue dans mon domaine.
Pourtant j’ai commencé et abandonné plusieurs projets de carrière avant de trouver ma vocation.

Aujourd’hui je cultive mon potager, j’élève ma basse cour, je vis à la campagne.
Pourtant il y a encore 15 ans je ne savais même pas ce que voulait dire « bio ».

Si j’avais été « mieux que ça » pendant toutes ces années, je n’aurai jamais eu accès au bonheur que je vis aujourd’hui.
Ce sont mes moments les plus douloureux qui m’ont poussée aux plus grands progrès, aux plus grandes prises de consciences.

Soyez indulgents avec votre passé, vous le méritez.

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