Comment guérir sans oser regarder la blessure ?

Je raconte souvent à mes patients qu’une blessure psychologique n’est pas très différente d’une blessure physique.

Si je me blesse la main par exemple.
Je peux décider de refuser d’accepter cette blessure, la nier, la refouler.
Alors je vais mettre un pansement dessus, et prétendre qu’elle n’existe pas.

Si elle n’est pas très profonde, je vais pouvoir reprendre mon quotidien, mais chaque fois que je l’utiliserai, elle me fera mal et se rappellera à moi.

Si elle est plus grave, pour éviter de souffrir, je vais arrêter de bouger ma main, je vais me plonger dans des activités ou des substances qui me permettront d’oublier la douleur.

Si je la regarde, que je l’identifie, je vais pouvoir comprendre ce qu’il me faut pour la soigner.
Peut être qu’un petit nettoyage et une pommade cicatrisante suffiront.
Peut être qu’il me faudra de l’aide d’un professionnel pour y faire quelques points et surveiller la cicatrisation.

Dans tous les cas, il n’y a qu’en regardant ma blessure en face que je pourrais guérir.

L’éducation, la société, nous poussent souvent à cacher nos blessures. Elles sont rarement reconnues et les soigner n’est pas valorisé.
Pourtant il n’est jamais trop tard pour décider de changer les choses. Les regarder, reconnaître qu’elles sont là, et leur offrir le soin qu’elles attendaient.

Laisser un commentaire