Transmettre ses blessures ou les guérir ? #1 (la suite au #2)

Les blessures d’enfance se transmettent.

Si dans notre enfance nous avons appris à nier nos émotions, à les minimiser, à en avoir honte. Nous porterons ces blessures jusqu’à l ‘âge adulte.

Au moment de devenir parent, nous serons alors confrontés aux émotions de notre enfant : elles feront miroir avec celles de notre propre enfance.

Alors, notre cerveau se dit :
« je me souviens de ces situations, pour nous en sortir, nous avons refoulé les émotions, nié, minimisé, tournées en ridicule ces sentiments. C’était important de le faire à cette époque pour nous adapter. Nous devons donc reprendre le même mécanisme, maintenant que nous le connaissons, il suffit de le relancer et de continuer comme ça, en pilote automatique, sans réfléchir. « 
Il fait ça pour nous protéger, pour nous permettre d’être plus réactifs grâce à notre expérience.

Mais ce que nous avons appris est un leurre. Il n’était pas bon pour nous de vivre ça. Alors il nous faut désapprendre.

Car notre pilote automatique nous guide pour refaire à nos enfants ce que nous avons vécu. En faisant ça il tente de nous protéger, il nous évite de remettre en question notre passé (pourquoi n’ai je pas eu l’empathie que je méritais ? qui serais je devenu si c’était arrivé ?).
Il nous évite l’inconfort du changement, nous maintient dans un sentiment de sécurité « ça je connais, je sais comment réagir, il n’y a qu’à le refaire encore et encore ».
Mais alors qu’il joue⠀tout seul sa partition, nous passons à côté de notre propre enfant. Celui qui est là, est qui sera victime à son tour de ce cercle vicieux.

Car en lui imposant notre fonctionnement « pilote automatique », nous lui infligeons les mêmes blessures, et nous laissons l’histoire se répéter.

Parfois nous pouvons nous rebeller, et réagir autrement. Notre cerveau pour nous protéger dira alors :
« Je reconnais ces situations, quand nous pleurions enfant, nous nous sentions désespérés, personne n’était là pour nous. Quand on nous disait non, on était punis et on se sentait humiliés et rejetés, c’était une douleur insupportable. Il ne faut surtout pas faire vivre ça à notre enfant. Faisons l’inverse! ».
//suite en commentaire//6 sem

Alors nous répondons à notre enfant comme nous aurions voulu qu’on nous réponde.
Nous faisons tout pour lui empêcher la douleur, la frustration, les pleurs.
Nous craignons de le blesser en faisant preuve d’autorité.
Parfois nous agissons avec lui comme un enfant, en lui demandant de prendre les décisions pour nous, pour ne pas lui imposer notre volonté.

Dans ces cas là notre enfant se retrouve perdu, il manque de limites, cherche les repères.
Il sentira que le parent ne répond pas à son besoin mais à quelque chose d’extérieur (en réalité le parent répond à son enfant intérieur). Le parent oublie que son enfant n’a pas les mêmes parents, qu’il n’a pas les mêmes blessures, qu’il ne pleure pas pour les mêmes raisons, qu’il n’a pas les mêmes besoins.

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