Mes astuces, spécial crise d’opposition !

Comment susciter la coopération chez les petits ? Les bambins s’affirment et les parents sont parfois perdus : difficile de trouver le juste milieu entre autorité et laxisme. Voilà quelques astuces pour désamorcer la situation et traverser cette période dans la bienveillance et la sérénité. Et non, le « terrible two » n’est pas une fatalité!

Pour imager mes propos, je vais reprendre un exemple auquel je viens de répondre : votre enfant de 3 ans refuse de se brosser les dents.
Il n’y a rien à faire, il hurle et refuse pour de bon. Vous avez beau lui expliquer, il ne veut rien entendre. Vous ne voulez pas le forcer, mais pas non plus qu’il souffre de caries.

Mes conseils :

Etre bienveillant n’exclut pas d’être l’adulte responsable dans la relation. Votre enfant peut ne pas voir l’intérêt d’un brossage de dents quotidien, de votre côté vous êtes adulte, vous connaissez les conséquences et vous êtes responsable de la santé de votre enfant.

De manière générale, prenez un temps (avec le co-parent si possible) pour établir les règles de la maison.
Classez les activités selon : la loi / les choses non négociables / les choses négociables / les choses libres.

Etre clair dans votre tête à propos des règles de la famille vous permettra d’être spontanément plus ferme lorsque vous aurez à l’annoncer.

Vous pouvez éventuellement afficher quelques unes des règles. Ce sera l’occasion de les présenter et d’en discuter avec les enfants selon leur âge.
Ca permettra aussi d’être un repère visuel vers lesquels les renvoyer en cas de besoin pour ne pas tomber dans des tergiversations.
(S’il est important d’écouter et de comprendre, il est aussi très important d’être garant d’un cadre et de montrer des limites. Des limites raisonnables et appliquées avec bienveillance sont nécessaires et rassurantes pour l’enfant.)

Puis vous pouvez :

-tenter de comprendre ce qui se cache derrière ce refus pour trouver une solution ensemble:
Peut être qu’il n’aime pas ce dentifrice, qu’il a eu mal la dernière fois et qu’il a peur d’avoir mal à nouveau, qu’il a besoin de se voir dans le miroir et de faire seul pour se focaliser davantage..

Un exemple de ce genre de cas : je connais une petite fille qui refuse souvent de se couvrir, elle se contente de dire « non je ne veux pas mettre de pull »! sans davantage d’explications.
Lorsque je cherche le besoin derrière en la questionnant et en l’observant un peu je trouve : qu’elle adore son tshirt et qu’elle a peur qu’on ne le voit plus.

Négocier avec elle sur l’importance de ne pas avoir froid n’aurait eu aucun impact pour ce problème, par contre en découvrant qu’elle tenait surtout à ce qu’on voit son tshirt je peux trouver des solutions gagnant-gagnant : je peux lui proposer de mettre un pull en dessous de son tshirt plutôt qu’au dessus.
Ou quand ce n’est pas possible et qu’elle doit mettre son manteau fermé par dessus, le simple fait de la rassurer suffit à la convaincre « je vois que tu as envie que l’on voit ton tshirt, tu aimes beaucoup ce dessin. Je comprends. C’est plus important de ne pas avoir froid que d’être jolie, alors pour sortir il te faut porter ton manteau. Par contre dés que l’on rentre à la maison, tu pourras tout de suite enlever ton manteau et ton pull et on pourra de nouveau profiter de ce beau dessin ».

-Expliquer de façon complète et concise « chaque jour on se brosse les dents pour éviter des caries douloureuses ».
On peut proposer un livre ou de la documentation pour aller plus loin dans l’explication, mais à un autre moment de la journée quand tout le monde est disponible et seulement si l’enfant a un réel intérêt pour le sujet (sinon ça risque de le braquer d’autant plus sur l’activité).

-Lui donner la possibilité de se préparer : vous pouvez imprimer un petit planning des routines pour qu’il ait un repère visuel et rassurant.
Selon son âge vous pouvez le faire coller les images sur le planning, ou les colorier pour qu’il participe à sa réalisation.
Ensuite vous pouvez le faire cocher l’activité (si la feuille est plastifiée, avec un feutre effaçable, sinon en accrochant une pince à linge ou un repère en scratch par exemple).
« tu peux cocher le lavage de dents, qui a t il ensuite ? ah le pyjama allons y ».

Préparez le bon moment pour lui demander l’activité à laquelle il est récalcitrant : votre enfant aura tout le mal du monde à faire ce que vous lui demandez s’il sort d’un jeu captivant. N’interrompez pas une activité dans laquelle il est très concentré pour lui demander instantanément de faire ce que vous attendez de lui.
Faites une petite transition et prévenez le par exemple « après cette histoire, on ira se brosser les dents ».

-Proposer un choix (qui implique dans tous les cas de faire ce que vous attendez de lui) par exemple :
 » tu préfères ce dentifrice ou celui là ? » « je te brosse les dents en premier et tu finis ou tu commences et je termine ? » « tu te brosses les dents avant ou après avoir mis ton pyjama? »

-Verbaliser ce qu’il ressent : « j’ai l’impression que tu n’aimes vraiment pas te brosser les dents » éventuellement donnez lui ce qu’il veut par l’imaginaire « ce serait génial si on avait des dents qui se lavaient toutes seules! » se sentir compris peut désamorcer la situation et dans tous les cas préservera votre relation de confiance, ce qui est essentiel pour susciter sa coopération.

-Rendre l’activité amusante : « et si on essayait de se brosser les dents jusqu’à ce que le sablier soit fini ?  »
« tu me brosses les dents pendant que je brosse les tiennes ? »
« moi je vais nager jusqu’à la salle de bain, qui nage avec moi ? » (en simulant une brasse et des obstacles marins sur le chemin)
ou tout ce que vous pouvez inventer qui lui rendrait la chose amusante.
Attention il ne s’agit pas de faire une animation complète à chaque fois que vous lui demandez quelque chose, ça ne doit pas prendre trop de temps mais une petite phrase qui suggère un côté ludique peut changer la donne très facilement et rapidement.

-Jouer à des jeux de renversement de pouvoir : le quotidien d’un enfant est rempli d’éléments qu’il ne maitrise pas (à quelle heure aller à l’école, quoi manger, quand voir ses parents, se coucher etc..).
Si votre enfant refuse de faire certaines activités, il est fort possible qu’il essaie de récupérer du pouvoir dans son quotidien.

En jouant en dehors des moments de conflits à des jeux de renversement de pouvoir, vous lui permettrez de décharger par le rire les tensions accumulées par cette frustration, et lui donnerez le sentiment de récupérer des moments de pouvoir.
Cela le rendra immanquablement plus enclin au quotidien à coopérer dans les moments où il n’a pas le choix.

Ecoutez ses propositions de jeux libre : il est possible qu’il vous propose cela sans que vous y ayez prêté beaucoup d’attention.
Les enfants savent demander ce dont ils ont besoin, à nous de réussir à les comprendre. Prenez part aux activités que votre enfant réclame en jeux libre et n’hésitez pas à répéter l’opération autant de fois qu’il le demande (en vous laissant guider par son rire).
-il vous touche à peine avec un coussin ? poussez un grand cri et écroulez-vous
-il vous demande d’être un animal, laissez le guider votre comportement et obéissez au doigt et à l’oeil ou si ça l’amuse, tentez de désobéir et laissez le vous renvoyer à la règle
-vous essayez de l’attrapez ? simulez d’être maladroit et de tomber avec fracas avant de l’atteindre.

Il a pu vivre des situations difficiles au quotidien et a besoin de récupérer une sensation de contrôle de la situation. Vous pouvez rejouer des scènes de sa journée avec lui, il y a fort à parier qu’il vous en apprendra beaucoup sur ce qui s’est passé pour lui. En lui permettant d’explorer les différents rôles de la situation, et en le laissant vous guider dans ce jeu, vous lui permettrez de dépasser ses frustrations et de se décharger par le rire.

-Bien sûr si ce n’est pas déjà fait, accompagnez sa décharge émotionnelle, voir mon autre article sur le sujet 

En jouant régulièrement ainsi, en restant à l’écoute, vous lui permettrez de ne plus avoir besoin d’utiliser ces moments pour se sentir en contrôle et écouté. Vous maintiendrez la qualité de votre relation, sa confiance en lui, et lui permettrez de comprendre les limites qui régissent son quotidien.

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